Les décès liés au hantavirus soulignent l’importance d’une meilleure prévention contre les rongeurs
En mai, le Calgary Herald annonçait que quatre Albertains avaient été atteints du hantavirus, une maladie respiratoire rare, mais mortelle, qui est transmise par le biais de l’urine, des excréments ou de la salive de rongeurs infectés. Annette Buffalo, résidente d’Hobbema âgée de 52 ans, a succombé à la maladie alors que deux des membres de sa famille ont dû être hospitalisés. Dans la semaine du 16 mai, un autre résident d’Hobbema a également été diagnostiqué et hospitalisé. Toutefois, cette situation n’avait rien d’inhabituel à Hobbema, fait encore plus alarmant. Annette et les membres de sa famille faisaient le nettoyage printanier du garage lorsqu’ils sont entrés en contact avec les excréments d’une souris sylvestre infectée. Le décès d’Annette Buffalo était le premier décès lié au hantavirus à survenir en Alberta depuis 2002. À l’échelle du pays, environ 57 cas, dont au moins 19 décès, ont été signalés depuis l’émergence du hantavirus à la fin des années 1980. La souris sylvestre est le porteur le plus commun de cette maladie au pays. Après avoir été exposées au virus, les victimes souffrent en général de symptômes ressemblant à ceux de la grippe, comme de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, des frissons, des douleurs abdominales et des problèmes respiratoires graves.
La même chose pourrait-elle se produire dans votre entreprise, même si le plus récent incident lié au hantavirus a eu lieu dans un milieu résidentiel? La réponse est oui. En raison des températures plus fraîches du Canada, les installations commerciales sont sujettes aux infestations de rongeurs pendant la majeure partie de l’année. Contrairement à d’autres mammifères, ces derniers ne peuvent régler leur température corporelle. Pour cette raison, lorsque la température chute, ils cherchent à s’abriter au chaud. Même lorsque le thermomètre oscille entre 4,5 et 10 °C, il fait assez froid pour que les rongeurs cherchent à s’établir ailleurs. Les hôtels, les écoles, les hôpitaux, les restaurants et même les maisons leur offrent des conditions idéales. En Alberta particulièrement, on a vu leur nombre augmenter de façon draconienne cette année, car elles se sont multipliées d’autant plus en raison des chutes de neige précoces.
Dans le sillage de ces pullulations, il est maintenant temps de faire l’examen de votre programme de prévention contre les rongeurs. À maints égards, ces derniers comptent parmi les animaux nuisibles les plus dangereux qui soient. Par leur unique présence, ils peuvent propager une grande variété de maladies, y compris la salmonelle, le typhus, la rickettsie, la fièvre de Haverhill et, bien sûr, le hantavirus. De plus, l’instinct qui les pousse à tout ronger, les fils électriques en particulier, cause des dégâts considérables sur les plans matériel et financier. Les rongeurs sont aussi enclins à s’installer dans les murs et les autres structures, ce qui se traduit par des réparations structurelles supplémentaires.
Comment prévenir les problèmes parasitaires avant leur apparition? La prévention est toujours le meilleur remède. Tout plan de prévention doit veiller à ce que votre installation soit régie par un programme de lutte antiparasitaire intégrée (LAI) fondé sur la reconnaissance du fait que les parasites recherchent des habitats qui répondent aux besoins essentiels à leur survie. En leur retirant quelques éléments fondamentaux, ou en leur bloquant l’accès à ceux-ci, les programmes de LAI peuvent lutter efficacement contre les parasites avant même qu’il ne soit nécessaire d´utiliser des produits chimiques.
Avant que votre spécialiste de la lutte parasitaire puisse prévenir un problème de rongeurs, il lui faut d’abord connaître l’identité de son ennemi. Bien que la souris sylvestre soit la principale responsable de la transmission du hantavirus au Canada, trois autres rongeurs communs présentent également des risques pour la santé et la sécurité : la souris commune (Mus musculus), le rat surmulot (Rattus Norvegicus) et le rat noir (Rattus rattus). Toutes ces créatures peuvent s’infiltrer dans pratiquement n’importe quelle structure pour y vivre. La souris commune peut produire jusqu’à huit portées par année, d’un nombre de petits pouvant aller jusqu’à six; un couple de ces souris peut produire jusqu’à 18 000 excréments en six mois. Quant à eux, les rats noirs et surmulots se reproduisent rapidement, à raison de 20 à 50 petits par année. De plus, selon la quantité de nourriture qu’ils ingèrent, ils peuvent produire jusqu’à 200 excréments en une seule journée.
Ces rongeurs n’ont besoin que de quelques éléments pour survivre : de l’eau, de la nourriture et un abri.
- Nourriture – Les rongeurs ne sont pas difficiles en ce qui concerne leur alimentation. Ils peuvent survivre en mangeant des graines et des grains céréaliers. Certaines espèces consomment des fruits, des légumes, et même de la viande.
- Eau – L’eau est essentielle à la survie des rongeurs. Alors que les souris peuvent tirer la plupart de l’eau dont elles ont besoin dans ce qu’elles mangent, les rats doivent se trouver d’autres sources d’humidité. Dans les installations commerciales, c’est souvent dans les toits, les systèmes de CVC et même les machines à glace qu’ils se les procurent.
- Abri – Les aires d’entreposage, placards, garages de stationnement, vides de mur, armoires et autres endroits dissimulés dans les installations commerciales offrent des abris aux rongeurs durant l’hiver, voire toute l’année dans certaines régions.
Les rongeurs sont programmés pour s’infiltrer à l’intérieur afin de fuir le froid extérieur, et ce, dans l’espoir d’y trouver abri, eau et nourriture. En sachant cela, quelle est la meilleure façon de rendre l’extérieur de votre bâtiment aussi repoussant que possible pour ces animaux nuisibles? Les fournisseurs de services de lutte antiparasitaire expérimentés peuvent employer un éventail de méthodes pour bloquer l’accès à votre installation. Par exemple, les éléments suivants figurent parmi les composantes d’un programme de prévention type contre les rongeurs :
- Calfeutrer tous les points d’entrée des fils électriques, de même que tous les trous et les fissures d’un diamètre supérieur à 0,6 cm à l’extérieur du bâtiment. Les rats peuvent s’infiltrer par une ouverture de dimensions analogues à une pièce de 25 cents, tandis que les souris peuvent pénétrer dans un trou d’un diamètre égal à celui d’une pièce de dix cents.
- Tailler la végétation de sorte à l’éloigner du bâtiment et étendre une bande de gravier d’une largeur de 75 cm tout autour de l’installation; les rongeurs n’aiment pas être à découvert, et cette zone tampon les découragera de s’approcher trop près.
- Placer des points d’appât inviolables tout autour de l’installation. Les rongeurs se nourrissent d’appâts empoisonnés qu’ils distribuent de retour au nid. Il est important de marquer l’emplacement des points d’appât et de l’activité de rongeurs sur une carte actualisée. Le spécialiste de la lutte antiparasitaire peut ainsi cerner les sources de pression des rongeurs et orienter les traitements futurs en conséquence.
- Éliminer les sources d’eau ou d’humidité à l’intérieur ou autour du bâtiment. Le fait d’éliminer les sources d’humidité dans la mesure du possible permet d’empêcher les rats de devenir trop nombreux et de contrôler les populations de nombreux autres parasites.
Peu importe la conception et l’aménagement de votre installation, il est extrêmement important de voir à ce que l’extérieur en soit aussi propre que possible. Les rongeurs cherchent fréquemment de la nourriture dans les bennes à rebuts ou les poubelles extérieures. Il faut ramasser les déchets régulièrement et les emporter hors des lieux promptement. Il est important que les poubelles soient dotées d’un couvercle bien ajusté et solidement fixé; les bennes à rebuts doivent quant à elles être nettoyées et permutées souvent.
Si des rongeurs se sont déjà infiltrés à l’intérieur de votre bâtiment, un spécialiste chevronné de la lutte antiparasitaire doit immédiatement mettre en œuvre des mesures correctives. Avec ce qui s’est passé récemment en Alberta, il est d’autant plus important d’assurer le traitement approprié des excréments de rongeurs — après tout, les risques de contamination par des particules en suspension dans l’air sont minimes. Lorsque les excréments des rongeurs sont frais et humides, les bactéries sont moins volatiles.
De plus, si l’un de vos employés risque fort d’entrer en contact avec ces excréments, assurez-vous qu’il ou elle porte des accessoires qui le ou la protègeront adéquatement.
C’est dans les excréments qu’on trouve la plupart des composés de bactéries nocives, lesquels ne posent problème qu’en cas d’ingestion ou d’inhalation. En général, les humains y sont exposés en ingérant des particules en suspension dans l’air, ce qui se produit lorsque les excréments sont secs et commencent à se désintégrer. Assurément, la meilleure précaution consiste à employer les services d’un spécialiste qualifié, qui appliquera un désinfectant liquide sur les excréments avant de les nettoyer. Une fois la désinfection effectuée, il est très peu probable que les excréments soient la cause d’une contamination d’origine aérienne. Il est recommandé d’utiliser un masque protecteur contre la poussière ou un appareil respiratoire pour réduire les risques d’inhalation les contaminants. Il faut aussi porter des gants en présence d’excréments infectés. Communiquez avec votre fournisseur de services de lutte antiparasitaire pour vous renseigner au sujet du nettoyage des excréments ou pour obtenir des conseils sur les méthodes appropriées à la protection des voies respiratoires.
En ce qui concerne l’ingestion, la prévention est bien simple. Quiconque pénètre dans un secteur où il y a présence de rongeurs — qu’il s’agisse d’un membre de l’équipe de nettoyage ou d’un spécialiste de la lutte antiparasitaire — doit se laver les mains et les parties du corps exposées avant de quitter. Il s’agit de la meilleure façon de prévenir l’introduction accidentelle d’un contaminant dans le corps humain lors de la manipulation ou de la fumaison des aliments.
Si vous croyez être déjà aux prises avec un problème de rongeurs ou souhaitez simplement en éviter l’apparition, consultez un spécialiste de la lutte antiparasitaire pour connaître la marche à suivre. La plupart des fournisseurs de bonne réputation offrent des consultations gratuites. Le technicien peut déterminer si vous prenez déjà les bonnes mesures pour prévenir une infestation ou si, au contraire, vous vous dirigez tout droit vers des problèmes éventuels. Même si vous faites déjà affaire avec un fournisseur, examinez votre contrat régulièrement afin de vous assurer d’obtenir les services fréquents, les délais d’intervention et les documents dont vous avez besoin.
En raison des températures plus fraîches du Canada, les installations commerciales sont sujettes aux infestations de rongeurs pendant la majeure partie de l’année.
Le docteur Zia Siddiqi occupe le poste de directeur de l’assurance de la qualité chez Orkin, Inc. Fort de plus de 30 ans d’expérience au sein de l’industrie, cet entomologiste, détenteur d’un certificat de spécialiste, est un chef de file reconnu dans le domaine de la lutte antiparasitaire.
