Les bernaches du Canada et les castors sont-ils des bêtes indésirables?
Elles peuvent être bien-aimés ici, mais elles sont méprisables dans d’autres pays
Le 24 juin 2009 4 h 30
Nancy J. White
reporter rattaché au journal
L’attaque furtive a été lancée par une flotte de bateaux. Des kayaks, pour être précis.
Dans les marais de Queens, à New York, la troupe d’assaut a coincé ses cibles criardes, en menant le troupeau à l’intérieur de caisses et en les chargeant à bord d’un camion, qui a démarré vers un emplacement secret – afin d’asphyxier au gaz le troupeau de bernaches du Canada.
Au États-Unis, les bernaches du Canada sont passées de nuisance désagréable à terroriste aviaire. Des preuves médico-légales – plumes écrasées et débris gluants – les ont exposées comme étant les coupables qui ont forcé l’avion US Airways à faire un atterrissage d’urgence dans la rivière Hudson en janvier.
Maintenant la ville de New York fait la guerre, en ayant déjà tué plusieurs centaines de bêtes criardes en tant que risques à la sécurité et visant un total de 2000 au cours des prochaines semaines.
« L’incident de l’avion était catastrophique, mais également très rare », indique Sharon Pawlak, la coordinatrice nationale du groupe des É.-U., Coalition to Prevent the Destruction of Canada Geese.
Elle laisse entendre un gros soupir. « Cela a été un désastre de relations publiques pour les oies ».
Et ce ne sont pas seulement les créatures à plumes qui causent beaucoup d’agitation. Les bêtes du Canada ont connu toute une série de mauvaise presse. Considérez le castor, le symbole national du Canada à dent proclive.
Dans des villages à l’extérieur de Boston, incluant Concord et Lexington, les citoyens sont hors d’eux. L’eau provenant des digues de castor a réussi à gonfler les fosses septiques et les égouts municipaux, a tourné des cour-arrière en marais, a coupé l’accès d’une route de service, a menacé les puits d’eau potable d’une ville, et a inondé un tournoi de golf au profit d’un organisme de bienfaisance.
Un propriétaire prétend qu’un castor a mangé son quai. Les gens locaux choisissent de plus en plus de ne pas laisser les castors à leurs propres affaires. Une ville a affecté un montant de 5000 $ à leur budget de l’année simplement pour combattre les rongeurs acharnés.
Le castor, autrefois très rare, s’est remis très rapidement grâce aux années dévouées aux efforts de conservation.
En Écosse, onze des bêtes à queue plate, qui étaient devenues éteintes en Grande-Bretagne pendant 400 ans, ont été libérées dans la nature le mois dernier. Mais, une coalition de fermiers, de propriétaires fonciers et de pêcheurs à la ligne ont verbalisé leurs points de vue concernant les castors, en s’inquiétant du dommage aux arbres, des propriétés inondées et des stocks de poissons épuisés. Dans un entretien avec le Telegraph, le chef d’un clan local s’est référé à ces bêtes comme étant des « rats nocturnes destructifs ».
Aïe! Et cela n’est rien à comparer avec ce que les Américains avaient à dire à propos des bernaches du Canada, connues pour leurs excréments abondants dans les parcs, les terrains suburbains, les terrasses et les terrains de golf.
Elles ont un faible pour les pelouses de vert, en créant des dangers près des trous, indique Jeff Bollig, le directeur des communications du Golf Course Superintendents Association of America.
« Certaines oies – je ne sais pas si « attaque » est le bon mot – mais elles ne semblent pas être répugnées par les golfeurs », il dit.
Protégées par la loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, elles sont éliminées attentivement, mais leurs nombres est toujours en plein essor. Avec environ 80000 bernaches du Canada non-migrateurs, soit deux fois la densité qui est considérée raisonnable, le New Jersey s’occupe maintenant de rassembler des milliers de l’oiseau désagréable. Le Michigan, pour la première fois en dix ans, a émis un mandat de décès – le prélèvement par moyens mortels.
De tous les jurons, et des oiseaux à longs cous, le mot qui blesse le plus est le mot « Canadien ».
« Les Américains les appellent “Canadian geese” comme pour laisser entendre que la venue de ces oiseaux désagréables est fondamentalement de notre faute. Les Britanniques font la même chose », explique le professeur de biologie de la faune de l’Université de McGill, nommé de justesse, David Bird.
Plusieurs des oies aux États-Unis ont abandonné leur statut de résident depuis longtemps, renonçant ainsi à leur vol annuel vers le nord. Les unes qui ont forcé l’atterrissage de l’avion US Airways, toutefois, étaient de vraies canadiennes, ayant migrées du Labrador, selon les enquêtes effectuées par le Feather Identification Lab du Smithsonian.
Il est peut être le temps de promouvoir plus agressivement un symbole ailé du Canada moins pénible. Possiblement le huard ravissant avec son cri obsédant et la pièce de monnaie qui porte son nom ? Ou peut-être, c’est le temps pour une bonne attaque.
Le pygargue à tête blanche, le symbole de puissance américaine, est une cible fragile, dit M. Bird, qui a été témoin de pygargues prenant des poissons directement des bouches d’autres oiseaux. Il a récemment compté 243 pygargues à tête blanche dans un dépotoir à Vancouver.
« Ils nourrissaient leurs petits avec des déchets. Les Américains n’ont aucuns droits de pointer le doigt », dit M. Bird.
« Cette situation me met en colère. Pensez-vous que ce bel oiseau représente un bon symbole national, un mangeur de déchets et un voleur ? »
