ArticlesFinalement, un inculpé au déclin des abeilles2/11/2010Acariens en carcasses signalés par un entomologiste de l’University of GuelphChantal Braganza
Particulièrement, si le sujet porte sur le syndrome d’effondrement des colonies (SEC), la disparition mystérieuse qui est responsable de la décimation de près de trente pour cent des producteurs de miel et des pollinisateurs de l’hémisphère Nord depuis la fin de 2006. Durant les deux dernières années seulement, des centaines de livres ont été publiés portant sur la situation critique des abeilles domestiques. Et si, comme le dicton l’indique, les petits insectes « ensoleillés » sont responsables pour une des trois bouchées de nourriture que vous consommez, cela n’est pas de bon augure pour la myriade de récoltes au Canada qui se fient sur eux pour la pollinisation. Malgré ceci, Ernesto Guzman, un chercheur en entomologie de l’University of Guelph, est douteur que le SEC existe réellement. « Le SEC est un terme arbitraire », il dit, “conçu par les scientifiques américains afin de définir une mortalité élevée de colonies sans aucune raison explicable. « Les ondes radioélectriques, et même les complots de terroristes » font partie de certaines des théories. Les abeilles de partout au Canada ont connu un déclin de 30 à 40 pour cent à chaque printemps depuis 2006. Après un automne de grande activité à mettre de côté du nectar et du pollen pour les mois d’hiver à venir, les colonies d’abeilles deviennent emmaillotées dans leur enveloppe noire et épaisse pour l’hivernation, seulement afin d’être trouvées mortes durant les premières semaines de fonte en février et mars. « Si vous êtes un exploitant de ferme laitière », dit Tim Greer, le président de l’Ontario Beekeepers Association, « imaginez perdre entre 30 à 40 pour cent de vos vaches laitières à chaque année. C’est une perte significative. » M. Guzman reconnaît que nous avons un problème. Mais le spécialiste des abeilles, originaire du Mexique, suggère que les scientifiques sont bloqués par la nomenclature. Entre-temps, les représentants officiels canadiens insistent que les abeilles ne souffrent pas du SEC pour la raison principale suivante: elles ne disparaissent pas. « Le symptôme principal parmi les cas SEC décrits aux États-Unis est qu’on ne trouve aucuns cadavres », indique M. Guzman. « C’est comme les abeilles sont mortes dans le champ et elles ne sont jamais réapparues ». « Nous ne voyons pas cette situation au Canada, je crois, parce que pendant l’hiver elles ne peuvent pas s’envoler ». C’est une bonne chose pour nous, dit M. Guzman, parce que les cadavres peuvent être étudiés, et depuis l’automne 2007, c’est justement ce qu’il fait. Il a suivi 413 colonies d’abeilles en Ontario pendant un an et a enregistré leurs sorts, en étudiant en profondeur le 27 pour cent des ruches qui n’ont pas survécu l’hiver. Dans un rapport qui sera publié dans le journal Apidologie, M. Guzman identifie ce qui les a tués ; le varroa, un parasite ressemblant à un crabe, qui est la grosseur d’un point de stylo. Soutenu par de faibles populations d’abeilles et une diminution des réserves de nourriture durant l’hiver, M. Guzman indique, l’insecte hématophage d’abeille est, hors de tout doute, la raison que les colonies en Ontario, du moins, diminuent aussi rapidement. Ed Nowek, de Planet Bee apiaries à Vernon, C-B., avance la même conclusion de son côté du pays. « Je n’ai jamais vu autant de difficultés à garder les abeilles vivantes que durant les dernières quatre à cinq années », il dit, dans ses 30 années dans l’industrie ». Bien que l’acarien ne soit pas quelque chose de nouveau, les apiculteurs disent ce qui est le plus déroutant est la cause probable derrière cette explosion soudaine : une résistance accumulée aux produits chimiques utilisés pour les tuer. Pour les mêmes raisons que certains patients hospitalisés succombent à la bactérie résistante aux antibiotiques telle que le SARM, le varroa est devenu le « superbug » des abeilles du Canada. Bien que l’usage d’Apivar, un acaricide utilisé en Nouvelle-Zélande et en Europe, semble faire l’affaire sur le varroa, celui-ci est strictement réglementé par l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada. Peut-être avec raison : il n’y a aucune façon de dire combien longtemps ce dernier sera efficace. Mais, comme dit M. Greer, « nous ne pouvons rien y faire, autre qu’attendre un autre hiver et voir ce que présentent les résultats. » En novembre dernier, alors que les températures en Ontario ont plongé, les abeilles ont commencé à se regrouper. Il les a pulvérisé avec de l’Apivar, les a nourri avec du sirop de sucre supplémentaire et les a rangé pour l’hiver, en espérant qu’au printemps, elles bourdonneront lorsque viendra le temps de les déballer. |