Des épices tueuses gardent les parasites à distance
8/27/2009
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Le romarin, de même que le thym et d’autres épices, semblent être chasseurs d’insectes puissants et pourraient offrir une nouvelle forme de lutte antiparasitaire biologique. Les insectes semblent être moins susceptibles à développer une résistance à ces épices que les produits chimiques traditionnels.
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Par Emily Sohn
Mise à jour 18 h 28 HNE, Lundi, 17 août 2009
La prochaine génération de pesticides peut même avoir une odeur aussi douce que le romarin, la cannelle et le thym.
Ces épices, entre autres, ont démontré qu’elles sont des chasseurs d’insectes puissants qui sont doux sur l’environnement et sécuritaires pour les humains, dit l’entomologiste, Murray Isman, de l’University of British Columbia, à Vancouver.
En ayant pris la parole dimanche lors d’une réunion de l’American Chemical Society à Washington, D.C., M. Isman a dit que les insectes sont moins susceptibles à développer une résistance aux essences d’épices que les produits chimiques traditionnels.
Le concept n’est pas nouveau. Pour des siècles, les gens ont utilisé des essences d’huiles provenant de plantes âcres afin de protéger leurs aliments. Maintenant, les scientifiques ont finalement réalisé comment ces huiles essentielles obtiennent leurs pouvoirs contre les insectes et comment les gens peuvent mieux les atteler.
« Il y avait une certaine magie dans la façon que la nature avait réussi à faire ceci », dit M. Isman. « Nos recherches tentent de déterminer quelles huiles essentielles fonctionnent mieux pour quelles applications ».
Les plantes d’épice obtiennent leur forte odeur selon leur composition chimique. Elles sont composées de petites molécules qui s’évaporent facilement. Les essences d’huile de ces plantes sont communément utilisées pour ajouter de la saveur aux aliments et ajouter de la fragrance aux shampooings, aux chandelles et à d’autres produits.
Leur composition chimique permet aussi aux essences d’épice de facilement pénétrer les membranes cellulaires comme dans des endroits comme le cerveau des insectes. Au cours des dernières années, les scientifiques ont identifié deux types de molécules messagères à l’intérieur des cerveaux d’insectes que les huiles essentielles altèrent.
En bloquant ou en surstimulant ces molécules ou leurs récepteurs, les huiles essentielles causent les insectes à devenir surexcités et à s’envoler. Avec des doses assez élevées, M. Isman indique, certaines huiles peuvent même faire sauter le système nerveux d’un insecte.
Les gens, les animaux domestiques et d’autres animaux n’ont pas les mêmes molécules messagères dans leurs cerveaux, faisant en sorte que les essences qui nuisent aux insectes peuvent être sécuritaires pour nous. Les scientifiques jettent maintenant un coup d’œil sur ces processus du cerveau comme des cibles pour les pesticides synthétiques.
« Certaines de ces huiles essentielles ont déjà une résistance exceptionnelle aux insectes», dit Joel Coats, un entomologiste et toxicologiste auprès de l’Iowa State University à Ames. « Si nous pouvons comprendre comment elles fonctionnent à un niveau biochimique, il peut être possible que nous puissions les utiliser plus facilement, et c’est ça qui est très important actuellement ».
Le romarin puissant
M. Isman a passé beaucoup de temps à faire la dissection des mystères du romarin, qui est une neurotoxine particulièrement puissante pour plusieurs insectes.
Un ouvrage antérieur a démontré que l’huile de romarin contient quelques 80 à 90 produits chimiques, dont 10 complètent plus de 90 pour cent de ce qu’il contient.
M. Isman et ses collègues ont testé les effets toxiques de chacun des 10 premiers en créant des essences artificielles d’huile qui contiennent les autres neuf, ensuite en appliquant chaque mélange à des tétranyques. Les chercheurs ont été en mesure d’identifier les trois produits chimiques les plus puissants, trois ou quatre qui avaient de légers effets, et trois ou quatre qui ne semblaient rien faire aux tétranyques du tout.
Lorsque les scientifiques ont testé un mélange de seulement les trois principaux produits chimiques, quoique, le résultat n’était que seulement 30 pourcent aussi toxique que de l’huile de romarin.
« II y a une genre de magie interne à ce mélange de composés qui échappe à tenter de les séparer », il dit. « Il y a un certain avantage à utiliser les mélanges naturels lorsqu’ils sortent de la plante ».
Les insectes ne peuvent pas développer de tolérance
Au fil du temps, les insectes peuvent aussi apparaître incapables de développer une tolérance à la synergie impliquée dans les combinaisons complexes de produits chimiques de la nature, même s’ils deviennent rapidement résistants aux pesticides traditionnels.
Il y a déjà des insectifuges sur le marché qui contiennent du romarin, de la menthe poivrée, de la cannelle, du thym et d’autres huiles odorantes, mais les scientifiques ne peuvent quand même pas prédire quelles essences fonctionneront sur quels insectes. Même les insectes étroitement liés peuvent réagir différemment aux mêmes essences.
Afin de savoir exactement ce qui fonctionnera mieux dans toute situation, les scientifiques devront possiblement faire des essais de chaque type d’essence sur chaque type d’insecte. M. Coats travaille aussi avec un logiciel d’ordinateur prédisant le type d’essence qui sera le plus puissant selon sa composition chimique.
Alors que les expériences continuent, les données démontrent déjà que mélanger les huiles essentielles avec des pesticides traditionnels permet aux fermiers d’utiliser la moitié du produit traditionnel, tout en obtenant les mêmes résultats.
Pour les gens à l’esprit biologique, l’avenir de la lutte antiparasitaire commence à sentir de mieux en mieux.
© 2009 Discovery Channel
