D’accord, c’est la guerre.
Le 24 août 2009 04 h 30
Trish Crawford
ReportAGE
L’été humide a favorisé une aubaine de procréation pour les moustiques qui ont déposé leurs œufs dans de l’eau stagnante. Mais vous n’avez pas besoin de prendre leur bourdonnement et leur piqûre comme on inflige une leçon.
Le Star a consulté les experts dans le domaine – le personnel des parcs provinciaux qui combattent ces insectes piqueurs-suceurs à chaque jour – afin d’apprendre davantage au sujet de leurs pratiques rusées d’auto protection.
Bien que le Ministère de la santé et des soins de longue durée de l’Ontario indique que les produits contenant du DEET représentent le seul insectifuge confirmé scientifiquement comme étant bon, nos lutteurs d’insectes font appel à des solutions-maison qui s’étendent de chiffons imbibés d’huile à des feux qui émettent beaucoup de fumée.
Au parc provincial Chutes, en bordure de la rivière Aux Sables, les moustiques sont tellement mauvais cette année que « les équipes d’entretien courent derrière les tondeuses à gazon », indique le directeur adjoint, Mike Stoneman.
Afin de garder les insectes à l’extérieur, il indique, il est normal de recouvrir son corps des pieds à la tête, incluant mettre des gants et des bottes. Il porte souvent un mouchoir de tête sous son chapeau ou il trempe un chiffon dans du carburant diesel, il l’essore et l’attache sur le derrière de son casque de protection, comme la « Légion étrangère ».
Il est habile à bâtir des « points chauds » - des feux faits de pin gris, qui émettent beaucoup de fumée afin de garder les moustiques à l’écart.
Une expérience au parc qui a mal tourné, impliquant M. Stoneman et son équipe, était lorsqu’ils ont mangé de l’ail cru afin d’éloigner les insectes.
« Nous émettions tous une mauvaise odeur, l’ail sortait en sueur. L’odeur d’ail était dans nos vêtements et a ruiné nos uniformes. Nous ne pouvions pas enlever l’odeur. Et, cela n’avait aucun impact sur les insectes. »
Bob Elliott, le directeur au parc provincial du Lac Supérieur, à mi-chemin entre Sault Ste Marie et Wawa, dit que le cycle de moustiques cette année s’est développé plus tard que d’habitude, en raison du printemps plutôt frais, et celui-ci dure plus longtemps que prévu, aussi.
« Ils sont très mauvais. La température a généré des temps de reproduction favorables. »
Il se protège en portant des chemises à manches longues et des pantalons longs de couleur pâle. « Cela vous rend moins attrayant aux insectes. »
Bien qu’il ne porte pas d’insectifuge sur sa peau, il a un vieux chapeau de pêche qu’il a pulvérisé avec un insectifuge tellement souvent que ce dernier en émet l’odeur.
«Il y a beaucoup de coutumes qui indiquent que les agrumes sont bons (pour garder les insectes à l’écart) et que les bananes attirent les insectes, il dit. « Mieux que vous sentez, mieux que les insectes vous aimeront ».
Avec ceci à l’esprit, il ne se lave pas avec du shampooing durant l’été.
Les gens lui demandent quel est le meilleur temps pour venir au parc afin d’éviter les insectes. Il répond, « Janvier ».
L’écologiste, Ed Morris, qui travaille dans les parcs dans la partie nord-est de la province, explique que plusieurs naturalistes ne veulent pas mettre des produits chimiques sur leurs corps.
Il pulvérisera ses mains avec un produit à base de DEET, mais de façon modérée. Il porte des pantalons avec jambes détachables alors ceux-ci peuvent être portés comme culotte courte ou pantalon long, tout dépendant des insectes.
« À certains temps, ils peuvent vous rendre fous. Mais je préfère avoir affaire à ce problème au lieu du trafic de l’heure de pointe dans votre partie du monde ».
Bridget Antze, naturaliste en chef au parc provincial Killarney, au nord de Parry Sound, indique que suivre la mode est impossible lorsque vous travaillez à l’extérieur. Le « costume à insectes »– un manteau avec un capuchon et un écran facial – « c’est la grosse mode ici à Killarney », dit-elle.
« Il devient très encombrant », elle dit du costume, et elle ne peut pas le porter lorsqu’elle doit parler pendant qu’elle mène des marches dans la nature. Durant ces temps, elle fait appel à arroser son chapeau Tilley d’un insectifuge.
« Je place également le bas de mes pantalons à l’intérieur de mes chaussettes, une autre mode très populaire ».
Doug Currie, le curateur d’insectes au Musée royal de l’Ontario, dit que la province n’a rien à se plaindre. Lors d’un récent voyage à Alaska et au Yukon, il a eu l’occasion de profiter « d’énormes nuages » de moustiques.
Il indique que les vêtements amples sont la clé. Et rappelez-vous, dit-il : les moustiques « peuvent piquer à travers du spandex ».
M. Currie fait remarquer que les moustiques sont attirés vers nous par notre odeur.
Le stimulus le plus puissant est le dioxyde de carbone et la température corporelle ».
Avant la venue du DEET, il y avait un remède-maison ingénieux, utilisé par la population autochtone du Canada, dit-il. Ils recouvraient leurs corps afin de créer une cloison physique aux insectes.
Cependant, M. Currie ne recommande pas ceci de nos jours.
« Ils utilisaient du goudron de pin et du gras d’ours ».
